Ils sont dix porteurs de projets à avoir lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme KissKissBankBank, en partenariat avec Tourisme et Territoires du Cher. Marc et Rachel en font partie, ils souhaitent financer la construction d’une cabane, la Sioute, à quelques pas de leur ferme, pour un séjour en pleine nature avec des activités découvertes.

C’est quoi le projet ?

Le projet de Marc et Rachel, c’est d’installer une cabane, une « sioute », en bois à quelques pas de leur ferme. Les touristes pourront profiter d’une belle vue, d’activités promenades découvertes de la faune et de la flore, et d’une expérience fermière avec dégustation de leurs (délicieux) Crottins de Chavignol, médaillé d’or en 2020 !

Soutenez le projet de Marc & Rachel sur KissKissBankBank

C’est eux qui en parlent le mieux : 

– Rachel : « À la base c’était un projet qui était personnel. On voulait faire un chalet avec un bain suédois pour nous, pour se reposer et être un peu plus au calme, s’éloigner des chèvres et de la fromagerie. Finalement, on s’est dit pourquoi ne pas lancer ce projet pour accueillir des touristes, et leur faire bénéficier du calme que nous on ressent et qui ressort de la ferme. Il va essentiellement bénéficier aux cyclotouristes, mais aussi tout ceux qui sont intéressés par le calme et la nature… Nous allons faire un chemin pédestre tout le long, il y aura des panneaux explicatifs sur les oiseaux que l’on peut trouver sur le site, sur l’histoire locale…
– Marc : …la géologie aussi ! (…) L’idée c’est aussi de conserver tous les arbres du site. On a du merisier, du noyer, du chêne, qui vont donner vraiment beaucoup d’ombre et un coin sympa. On aura la vue exceptionnelle sur l’ouest, sur tout le domaine de la ferme, avec les couchers de soleil magnifiques. Les bois, les petits animaux qui sortent de la forêt, les petits chevreuils, les lièvres, les lapins, et puis plein d’autres choses certainement à découvrir. La forme, c’est un peu typé canadien. C’est une cabane en madrier assez épais, il y aura une terrasse abritée sur le devant. Ça permettra, même en été quand il y aura une nuit d’orage, d’être à l’aise et de pouvoir profiter du dehors, par exemple dans le bain suédois… C’est vraiment cet aspect un peu ‘‘à l’américaine’’ que l’on voulait recréer, paisible.
Il y aura un lien avec la ferme et la fromagerie. D’ailleurs, le chemin pédestre passera forcément par l’activité de la ferme. Quand les touristes vont venir, ce ne sera pas simplement pour acheter des fromages, ils vont pouvoir pique-niquer, passer des moments avec les enfants. Nous ce que l’on veut, c’est vraiment que les gens, quand ils viennent chez nous, ce ne soit pas une simple ferme. Il faut qu’ils se sentent, je ne vais pas dire chez eux, mais pas loin ! Qu’ils se sentent vraiment bien. »

C’est qui le projet ?

Pour eux, venir élever des chèvres en Berry, c’est une histoire de famille, de vacances à la ferme, d’envie de nature et de… rêves prémonitoires !

Marc : « La première idée, c’était l’envie de faire autre chose. Quand je suis sorti de l’école, j’avais l’idée de créer une entreprise. Je travaillais à la SNCF dans la maintenance des trains, j’ai passé des examens pour monter en grade, et j’ai travaillé dans un bureau. Et je me suis aperçu que ça ne me plaisait plus du tout de travailler en bureaux, ce n’était plus pour moi. Alors je me suis dit qu’il fallait que je trouve une entreprise…” 
– Rachel : “Quand j’étais petite, j’allais chez mon oncle et ma tante en vacances, ils géraient une ferme en Saône-et-Loire. Ma tante s’occupait d’un troupeau d’une vingtaine de chèvres, elle faisait la traite matin et le soir à la main, elle emmenait les chèvres à la pâture… En ayant passé tous mes étés là-bas, c’est vrai que j’ai trouvé ça super. Et l’idée de la ferme est venue de là, on rentre du boulot, on en a marre, un jour j’ai dit ‘‘je vais aller élever des chèvres dans le Larzac !’’ Et puis on recherchait à monter une entreprise, en lien avec la nature, alors on s’est dit pourquoi pas !
– M. : “C’était aussi un rêve pour chacun de faire des fromages. En fait, et ça fait sourire Rachel, mais quand j’étais petit là où j’habitais dans l’Aube, je rêvais que j’étais sur un chemin, et il y avait une cabane. Et quand j’ouvrais la porte il y avait plein de meules de fromage. J’ai fait plusieurs fois ce rêve et… bon je les mangeais, je ne les fabriquais pas ! Mais aujourd’hui on les fabrique, et je pense que c’est une passion, ce n’est pas venu de nulle part, ça vient de l’enfance. »

Ce qu’ils font ici :

Pour passer du rêve à la réalité, ils ont fini par acheter cette ferme à Marseilles-lès-Aubigny, un ‘‘petit bijou où on se sent vraiment bien’’ comme le décrit Marc. Depuis 6 ans, ils accumulent les heures de travail, entre ferme, fromagerie et leur travail que Rachel continue toujours pour le moment. Marc, lui n’a démissionné que très récemment pour se consacrer entièrement à la ferme. 

– R. : « Je suis toujours infirmière. Alors je fais la fromagerie le matin avant d’aller travailler pendant que Marc fait la traite.
– M. :La journée se passe et le soir c’est reparti pour la fromagerie. Je m’en occupe quand Rachel travaille, éventuellement des ventes quand on est ouvert. On se débrouille bien comme ça, on arrive à très bien gérer. Surtout que moi maintenant je suis à plein temps sur la ferme donc ça ne pose plus de problème. Il faut de la passion pour ce travail, parce que l’élevage des animaux, on dit que c’est dur, je ne sais pas si c’est dur mais en tout cas c’est prenant. Et techniquement, c’est quand même assez complexe. Aujourd’hui, même nous qui avons fait beaucoup de formations, techniquement on se sent assez à l’aise, mais on a quand même des techniciens qui nous entourent. C’est tellement compliqué d’arriver à avoir du lait comme on le veut, ou de faire pousser simplement de l’herbe. On est quand même bien accompagnés et ça se passe bien. C’est une passion avant tout, il faut aimer ce qu’on fait. “
– R. :Il faut aimer les animaux, il faut du temps. Le contact est agréable aussi, le contact avec les animaux, mais aussi avec les clients lors des ventes. “
– M. : “Aujourd’hui on est en 2020, et l’année prochaine le projet va pleinement aboutir. Parce que l’objectif c’est de vivre uniquement de la ferme. Actuellement, nous avons une trentaine de chèvres, ce qui est déjà bien, mais ça ne suffit pas. On voudrait en avoir une centaine à peu près et agrandir la fromagerie… (…) Professionnellement, on est en AOP Chavignol, pour nous c’est vrai que c’est un plus de pouvoir travailler ce type de fromage. On a aussi reçu la Médaille d’or au Concours Général Agricole 2020, c’est une belle gratification de tout le travail fait. On en a pleuré ! »

Le mot de la fin :

– M. : « Ce qui est plaisant ici, c’est Marseilles-lès-Aubigny. Quand on s’y intéresse d’un peu plus près, il y a toute une histoire. Nos anciens qui sont encore là qui nous racontent ce qu’il s’est passé ici, au lieu-dit, à la ferme. Une histoire qui est aujourd’hui malheureusement beaucoup perdue, mais petit à petit on essaye de récupérer tout ça, d’être un peu sur les terres des ancêtres, pas forcément les nôtres, mais c’est un honneur de pouvoir les remettre un peu en avant. Aussi en rapport avec ce qui est industriel, à Marseilles-lès-Aubigny on a un moulin, le Moulin des Forges, on passe tous les jours devant et on n’y prête même plus attention. Nous, ce dont on aurait envie, c’est de reparler un petit peu de tout ça, avec les connaissances qu’on a et le peu d’écrits qui restent. Essayer de remettre ça au goût du jour. Il y a ça, et aussi la Loire, le Canal du Berry, et le Canal latéral à la Loire. C’est presque une ville d’eau ! C’est une commune où il fait bon vivre, on est assez loin de tout ce qui est autoroutier, routes, stress, c’est paisible. Il y a les bois… Vraiment la nature c’est ce que l’on recherchait, un vrai cadre de vie exceptionnel. Aujourd’hui on y est tous les jours, on ne s’en rend presque plus compte, mais des fois quand on se balade dans nos prairies et on se dit ‘‘mais qu’est-ce qu’on est bien !’’ Pour tout ça, on aime ce terroir. »